Story: Roseline Ezea

Published on
mer, 16/10/2013 - 15:25

Il y a huit ans, Roseline Ezea suivait le trajet en intégration civique auprès de bon : « C’était le coup d’envoi de ma vie ici ».  Son enseignant orientation sociale d’alors, l’a invitée à un entretien concernant son travail auprès de Familiehulp et ses activités comme bénévole au Nigéria.

Qui ? Roseline Ezea                                                                                                                                                                                                
Vient du : Nigéria                                                                                                                                                                                                    
Age : 37                                                                                                                                                                                                        
En Belgique depuis : 2005                                                                                                                                                                                                                       Instruction : Institute of Management and Technology                                                                                                                               
Trajet d’intégration civique à bon : 2005

Roseline, cela fait 8 ans que tu habites en Belgique.  Es-tu retournée au Nigéria, ton pays natal, entretemps ?         
Cet été j’y suis retournée pour la première fois avec ma fille Véra.  Je n’y avais plus mis les pieds depuis 2005.  Pour ma fille ce fut la première expérience africaine.  Encore aujourd’hui je sens les larmes lors de notre arrivée à l’aéroport, il y en avait autant que lors de mon départ huit ans auparavant.  Tout le monde pleurait.  Cette fois-ci il s’agissait de larmes de bonheur.

Toutefois, il ne s’agissait pas de vacances ordinaires.  J’y ai travaillé comme bénévole pour l’O.N.G. CIDEO qui est organisation d’aide médicale créée par ma mère.  Toutes sortes de personnes y font du bénévolat : des pasteurs, des médecins, des infirmières, des ingénieurs, des économistes…Tous soignent les malades.

Ai-je bien entendu ?  Tu retournes pour la première fois dans ton pays et tu y fais du bénévolat ?
J’y ai énormément travaillé mais cela m’a procuré beaucoup d’énergie.  Pour moi cela allait de soi.  Ma mère et mes meilleurs amis donnent le meilleur d’eux-mêmes à cette organisation.  La meilleure façon d’être avec eux était de travailler avec eux à la réalisation de leur rêve.  Mon aide était efficace grâce à mon expérience d’aide au sein de Familiehulp à Bruxelles.

En quoi consiste ton travail pour Familiehulp ?
Je travaille à temps plein pour des personnes âgées.  La plupart d’entre eux vivent seuls.  Ils sont esseulés et ont beaucoup de soucis.   Si j’arrive avec cinq minutes de retard ils ont déjà appelé Familiehulp pour s’assurer de ma venue.  En général, à quelques exceptions près, les personnes sont très gentilles.  Nous rions beaucoup ensemble.  Je raconte l’Afrique, eux me racontent comment c’était avant.  Mon profond catholicisme les étonne – la foi est très importante pour moi.  Ils se souviennent comment c’était du temps de leur jeunesse, « les habits du dimanche » pour se rendre à l’église, les nombreux jeunes et enfants dans l’église.

Parfois je leur rends visite à l’hôpital.  Lors d’un décès la famille m’invite aux funérailles.  Familiehulp m’autorise à y assister pendant les heures de travail, non en dehors : nous devons veiller à séparer travail et sphère privée.  Certaines personnes aimeraient nous garder tout le temps auprès d’elles parce qu’elles se sentent tellement seules.

Que signifie un trajet  d’intégration pour toi ?
A mon arrivée en Belgique mon mari habitait déjà à Bruxelles.  Ses amis m’ont amenée à Oniko (bon Schaerbeek à présent).  Je me souviens encore de différents prénoms de personnes qui ont suivi le même cours d’intégration civique que moi : Paulina, Aissatu, Catherine, Hatem,…  Je revois encore certains d’entre eux,  avec d’ autres les rencontres n’ont lieu que sur facebook.

Le trajet en intégration civique reste important pour moi.  Je ne comprenais rien à Bruxelles.  Je ne parlais pas la langue.  Le cours d’orientation sociale m’a aidée à repartir de zéro dans un nouvel environnement.  Cela fut le coup d’envoi de ma vie ici.  Après le cours d’orientation sociale, j’ai suivi le cours de néerlandais suivi d’un autre cours de néerlandais à la VDAB.  J’ai obtenu une attestation d’aide soignante (8 mois) et de soignante (2 mois supplémentaires) auprès de Familiehulp.  Sans bon je n’y serais peut-être pas parvenue ou, en tout cas, pas en si peu de temps.

Penses-tu parfois à retourner au Nigéria ?
Véra et moi sont toutes deux Belges.  Nous aimons aller au Nigéria et nous aimons rentrer en Belgique.

Avec des remerciements à Marianne Buyck