Story: Erika Vanessa Moreno Ascencio

Published on
lun, 24/03/2014 - 12:34

Octobre 2010 : Erika Vanessa Moreno Ascensio s’inscrit au trajet d’intégration civique à bon.Janvier 2014 : Erika passe un coup de fil pour nous faire savoir qu’elle vient de terminer ses études « d’aide-soignante polyvalente ».  Que s’est-il passé entretemps ?  « Je n’ai jamais perdu de vue quel est mon but : devenir infirmière. »

Qui? Erika Vanessa Moreno Ascencio
Vient du: Pérou
Age: 34 ans
En Belgique depuis: 2010
Trajet d’intégration civique à bon: 2010

Toutes mes félicitations pour ton diplôme, Erika !
Merci. J’ai reçu mon diplôme hier. En y ajoutant un mois d’études supplémentaires, je peux obtenir le diplôme de « aide-soignante », ce qui me permet de travailler aussi en milieu hospitalier.

Est-ce ton but?
Oui, mais en tant qu’infirmière. Depuis mon plus jeune âge j’ai voulu devenir infirmière, tout comme ma sœur. Dès mes 17 ans je pouvais parfois l’accompagner comme aide-soignante. J’ai immédiatement été conquise!

Mais tu n’as pas immédiatement entrepris les études appropriées?
Non. A 18 ans je volais déjà de mes propres ailes. J’aime beaucoup l’indépendance. J’avais également besoin d’un coin à moi, ce qui n’est pas toujours évident lorsqu’on est entouré de sept frères et sœurs. J’ai donc suivi une formation de contrôleur de qualité textile. Etudier au Pérou n’est pas facile si on ne dispose pas d’une belle somme d’argent. C’est pourquoi j’ai opté pour une formation courte et un diplôme me permettant de trouver facilement du travail.

Le contraste entre le secteur textile et le secteur hospitalier est énorme.
En effet. Au fil des années j’ai exercé des jobs divers. En Espagne j’ai travaillé comme assistante-dentiste, ce qui était un pas en avant vers mon rêve. Mais les horaires de travail étaient tellement changeants qu’ils ne me permettaient pas de combiner travail et études. A mon arrivée en Belgique, j’ai d’abord travaillé comme caissière pendant un mois. Ma période d’essai n’a pas été prolongée vu que je ne parlais pas le néerlandais. Je me suis rendu compte que parler le néerlandais et avoir un diplôme en poche sont essentiels à l’exercice d’un bon boulot. J’ai décidé de poursuivre mon rêve et me suis inscrite au cours d’intégration civique à bon.

Comment était-ce ?
On apprend énormément, ce qui est indispensable si l’on veut être indépendant. bon offre beaucoup d’appui ainsi que de l’information objective, ce qui est très important. Les gens racontent tout et son contraire mais à bon on est assuré de recevoir les bonnes informations. Le fait de toujours pouvoir compter sur un accompagnateur personnel m’a été d’une aide précieuse. Ensemble nous avons introduit une demande en équivalence de diplôme d’assistant dentaire. Hélas il n’a pas été reconnu ici. On fait aussi la rencontre de beaucoup de gens au cours d’intégration civique. Je suis restée en contact avec certains d’entre eux. On se soutient mutuellement.

Comment s’est déroulé le cours de néerlandais ?
C’était très difficile. Tout au début du cours de néerlandais, niveau 1.1, mon enseignante m’a dit que c’était trop difficile pour moi. Elle m’a demandé si je ne ferais pas mieux de continuer mon apprentissage du français. C’était vraiment démoralisant. Cependant, avec l’aide d’un orthophoniste j’ai continué à travailler dur. J’ai dû refaire deux fois l’entité 1.2. , c’était le prix à payer.

Où puisais-tu la motivation pour persévérer ?
Je n’ai jamais cessé de croire que j’en étais capable, que je réussirais. Cette foi en moi-même était mon moteur. Après le niveau 2.2 j’ai entamé le cours ‘néerlandais intensif’. Et l’étude du néerlandais demandait effectivement un effort quotidien intensif. Mais mon néerlandais s’est fortement amélioré. Ce cours a été suivi d’un nouvel examen et il me fallait absolument être reçue à l’épreuve de sélection afin de pouvoir commencer la formation « personnel soignant polyvalent ». Quel stress ! Il y avait 45 candidats pour 25 places. Heureusement j’ai été reçue!

Au bout d’une formation d’un an tu as donc obtenu ton diplôme hier. Comment envisages-tu ton avenir ?
La semaine prochaine j’entame le cours complémentaire ‘aide-soignante’. Enfin, je pourrai travailler. J’espère que je pourrai débuter sur le lieu de mon stage ‘Solidarité pour la famille’. Déjà au cours de mon stage ils m’ont fait confiance, ils étaient toujours satisfaits de mon travail. C’est un job très diversifié. C’est un travail où la patience et la confiance sont cruciales. En outre, ce boulot me permet de suivre un cours du soir car mon but est et reste de travailler comme infirmière…C’est là que résident mon but final et mon rêve ultime !

As-tu une suggestion à faire à d’autres étudiants qui ne sont qu’en début de parcours ?
Ce qui m’aide vraiment est de continuer à envisager mon futur. Je ne quitte pas mon but des yeux et y travaille pas- à- pas. Même lorsque le néerlandais me jouait des tours ou lorsque je rencontrais des problèmes dans ma relation, je continuais à cibler mes efforts vers mon but : devenir infirmière. Inévitablement on rencontre des obstacles en cours de route mais il faut à chaque fois essayer de les surmonter. Pour moi, par exemple, il était important de pratiquer le néerlandais le plus souvent possible. J’ai donc pris contact avec une dame résidant dans un home pour personnes âgées. Je lui rendais visite et nous parlions néerlandais ensemble. Elle appréciait la visite et de mon côte j’appréciais l’occasion qui m’était offerte pour parler le néerlandais. La vie est difficile mais chaque difficulté peut être surmontée. Il faut être créatif dans la vie (sourire).